Internet des Objets: les assureurs entrent de plein pied dans la bataille

Commençons par un point sur l’IoT afin de parfaitement appréhender ces enjeux et les utilisations que peuvent en faire les assureurs par exemple.

L’IoT est l’acronyme pour désigner l’Internet des Objets, soit Internet Of Things en anglais. Cet internet des objets représente les échanges d’informations et de données provenant de dispositifs du monde réel vers Internet. Pour certains, il s’agit d’une nouvelle ère du web, le web 3.0. L’objet connecté le plus connu dans le monde est le smartphone…

Comment les assureurs tirent leurs épingles d’un jeu connecté ?

Les compagnies d’assurances, les plus en avance sur le sujet, ont pris conscience de l’intérêt d’investir dans l’IoT il y a à peine un an, pour optimiser la rentabilité et affiner intelligemment leur modélisation des risques.

Le secteur de l’assurance connaît un tournant critique sous l’effet des nouvelles technologies et il y a urgence pour s’adapter et continuer de proposer des services innovants pour l’utilisateur, mais également rémunérateur pour l’assurance. Du point de vue de cette dernière, l’aspect rémunérateur doit se faire de manière pécuniaire, mais également dans la data : meilleure connaissance des clients, des risques, des habitudes de vie, …

Une étude de 2015 nous apprend que les assureurs arrivent, à l’aide de l’IoT, à signer de nouveaux contrats, à fidéliser leurs clientèles et à fournir les bonnes pratiques en cas de sinistre.

 

Une pratique gagnant-gagnant de l’IoT

Les assureurs ont emboîté le pas et proposent déjà des services connectés pour les particuliers. De nombreuses polices d’assurance du type « Payer selon votre conduite » voient le jour et permettent d’établir un profil précis du comportement des conducteurs afin de définir les risques associés à chaque profil et donc le modèle de risque à privilégier. L’assureur collecte ainsi des données en temps réel sur la conduite de l’assuré. Pour le client, il se verra proposer des assurances au plus près de ses besoins et son expérience client en sera améliorée.

AXA est un excellent exemple de l’usage de l’internet des objets dans le monde de l’assurance. En partenariat avec le fabricant français Withings, Axa a créé l’offre e-
, un bracelet connecté. Sous la tendance « mangez bougez » et le bien-être des activités physiques régulières, AXA propose à ses assurés de disposer d’un bracelet pouvant suivre : le nombre de pas réalisés, la distance parcourue, le nombre de calories brûlées, le niveau d’oxygène dans le sang, le rythme cardiaque, etc. Pour challenger ses clients, l’assureur propose des chèques cadeaux de 50€ pour les assurés réalisant un certain nombre de pas dans le mois. De quoi stimuler les clients et s’assurer de leur bonne tenue physique et par ricochet, minimiser les risques liés aux assurances santé (remboursement des traitements médicaux dans ce cas précis).

AXA e-Modulango

Aux Etats-Unis, les assureurs Progressive et Allstate ont lancé une offre en 2012 consistant en un système de calcul de prime très sophistiqué : prise en compte de l’usage du véhicule (nombre de kilomètres parcourus, entretiens), mais aussi l’évaluation du comportement de l’assuré via des données comme l’heure à laquelle il prend la route, le nombre de freinages brusques, le nombre d’accélérations rapides et la vitesse.

Cette pratique américaine rejoint le concept du « Pay how you drive » (Payez comme vous conduisez), qui se répand aussi de plus en plus en France.

 

Des opportunités à double tranchant

Le client n’a pas vraiment le choix de souscrire ou non à ces nouvelles assurances, bien que cela puisse être décrié. Si l’assuré souhaite continuer de bénéficier de ses avantages, il doit parfois se plier aux règles de son assurance. Mais, l’Internet des Objets saisi comme une opportunité pourrait se retourner contre eux.

En effet, un client pourrait très bien se dire : peu importe où je me trouve, je peux recevoir des données via mon bracelet ou smartphone sur l’état de ma voiture ou sur la sécurité de ma maison ; alors à quoi bon souscrire une assurance cambriolage par exemple ? Même si nous n’en sommes pas encore à cette conclusion, elle fait peur aux assureurs qui devront faire preuve d’imagination et de valeur ajoutée pour vendre leurs produits.

Internet of Things IoT

 

La donnée IoT au cœur de la différenciation des assureurs

Alors que les produits d’assurance tendent aujourd’hui de plus en plus à se ressembler, le salut des assureurs passera par leur capacité à récolter et faire sens des données IoT. En effet, ces données permettront aux assureurs de se différencier sur l’expérience client et sur la conception de nouveaux produits aujourd’hui insoupçonnés. Alors que de nombreux assureurs choisissent aujourd’hui d’héberger leurs données dans le cloud public, deux questions majeures se posent :

  • Quelles règles à mettre en place pour protéger les données personnelles issues de l’IoT.
    • Ici le législateur devra jouer son rôle en étant très stricte sur le cadre à mettre en place pour protéger ces données ultra-sensibles.
  • En sachant que ces données sont finalement au cœur de la stratégie de différenciation des assureurs, est-ce que cela fait du sens de mettre celles-ci dans le cloud ?

Notre avis est qu’il y aura sans doute un retour vers des clouds privés pour gérer ce type de données.

Quoi qu’il en soit, les assureurs vont devoir s’adapter pour ne pas rater ce virage numérique et faire partie des acteurs de cette bataille des objets connectés.

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